Lycée Robespierre - Arras
Avenue des fusillés - BP 50911 - 62022 ARRAS Cedex
Un long héritage...
XVIIème - XVIIIème siècle
L'ancien lycée de garçons
Le nouveau lycée
Bibliographie
L'ancien lycée de garçons
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L’Hôtel de Beauffort

La citadelle construite par Vauban en 1670 avait rendu inutiles les remparts qui s’étendaient entre elle et la ville. Les terrains, ainsi rendus libres, après quelques travaux de canalisation du Crinchon, furent affectés en partie à l’armée, l’autre partie fut plantée et aménagée en promenades et parcs.
En 1751, fut approuvé un plan pour construire un nouveau quartier : la Basse Ville, au pied des anciens remparts. Pierre Louis Beffara, architecte de la ville d’Arras, en fut le maître d’œuvre. Les travaux durèrent jusqu’en 1780.
Le quadrilatère formé par le Cours de Verdun, la rue Aristide Briand (ancien rempart médiéval de la ville), le boulevard Vauban et le boulevard Crespel, avec pour centre la place Victor Hugo forme un ensemble homogène, de style sobre et classique, qui se démarque clairement des quartiers voisins. La différence est nettement visible, pour peu qu’on y prête attention.
Les rues sont larges (10 à 14 m.), elles se coupent à angles droits. Les façades sont alignées et elles respectent toutes un modèle de décoration imposé par l’architecte. Parmi ces constructions, figure l’Hôtel que le marquis de Beauffort se fit construire en 1754, et qui servit de modèle aux autres bâtiments. La Basse Ville était ainsi devenue le quartier huppé d’Arras.
En 1774, l’Hôtel fut vendu à l’abbaye de Saint Vaast pour y loger l’abbé, mais le nouvel abbé nommé en 1777, le Cardinal Louis de Rohan ne l’occupa pas car, plus courtisan qu’ecclésiastique soucieux du salut de ses ouailles, il préférait vivre à la cour de Versailles.

L’Hôtel de Beauffort devint prison pendant la Terreur, les barreaux des salles du rez-de-chaussée datent de cette période. Il connut diverses affectations ensuite : il servit de logement à un sénateur, puis de dépôt d’invalides, il redevint le lieu de résidence de l’évêque, Monseigneur de La Tour d’Auvergne, avant que celui-ci regagne en 1809 l’abbaye Saint Vaast rénovée.
En 1820, la municipalité d’Arras s’en rendit acquéreur pour y installer le Collège municipal de garçons.

La loi du 11 floréal an X (1er mai 1802)

Les Écoles centrales départementales créées en 1795 ne réussirent pas à s’imposer, sans doute en raison de leur conception trop novatrice : le système des classes était aboli, les élèves pouvaient choisir leurs cours en fonction des professeurs et des matières, l’accent était mis sur les disciplines scientifiques expérimentales…
Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, veilla à une remise en ordre de l’enseignement public par la loi du 11 floréal an X., qui fondait les bases de notre système scolaire. Cette loi créait des écoles primaires, et des écoles secondaires à la charge des communes, et des lycées à la charge de l’État. Le principe des classes était remis en vigueur, et une stricte discipline, presque militaire, y régnait.

La réouverture du collège de garçons

Arras n’est pas retenu en 1813 pour accueillir le premier lycée du Pas de Calais, c’est Saint Omer qui l’obtient.
À défaut, la municipalité obtient en 1815, l’ouverture d’une école secondaire communale. Cette école fut dans un premier temps installée dans les locaux de l’ancienne abbaye du Vivier, à l’emplacement de l’actuelle église Saint Géry. Les débuts furent laborieux, le nouveau collège devait reconquérir le cœur des Arrageois.
Comme nous l’avons vu plus haut, la municipalité d’Arras se rend acquéreur de l’Hôtel de Beauffort en 1820 pour y installer le nouveau collège. La première rentrée s’y fait en 1824.

Le collège au XIXème siècle

Le 17 mars 1808 est publié le décret qui organise le baccalauréat. Considéré dès l’origine comme le premier grade universitaire, son organisation en est pourtant confiée à l’enseignement secondaire. Le diplôme voué à un grand avenir va devenir le rêve, la hantise, ou l’obsession de générations d’élèves, et de parents. Trente-deux élèves, au niveau national, obtiennent le baccalauréat lors de la première session en 1809.
Les lois Guizot (1833), Falloux (1850) et Ferry (1881 – 1882) permettent à l’enseignement de se développer en France. À Arras, le collège de garçons retrouve sa mission de former les futurs cadres de la nation.
L’abbé Herbet, est principal de 1827 à 1843 ; Henri de Mallortie, de 1860 à 1887. Par leur long principalat, ils marquent tous deux le collège au cours du XIXème siècle.

Le collège au XXème siècle

Hormis les perturbations engendrées par les deux conflits mondiaux, aucun événement particulier ne vient perturber le bon déroulement des années scolaires. Mieux qu’un long descriptif, les cartes postales présentées ci-contre restitueront un peu l’atmosphère de l’époque.

Les effectifs ne cessent de s’accroître et les locaux de l’Hôtel de Beauffort deviennent insuffisants. C’est au cours des années 1961 et 1962 que le lycée va vivre ses premiers grands changements qui l’amèneront à sa configuration actuelle.

L’externat (enseignement et administration) est transféré dans des bâtiments neufs situés à environ 300 mètres, avenue des Fusillés.


Thierry Wiart.
Les cartes présentées ici sont issues de la collection personnelle de l'auteur.